avari elves lord of the rings

Les Elfes Avari : les Refusants qui n'ont jamais vu la Lumière de Valinor

Dans la mythologie de Tolkien, les Elfes ne forment pas un peuple monolithique. Ils se divisent en plusieurs branches issues d'un événement fondateur : la Grande Marche, appelée aussi la Première Journée des Elfes. Quand Oromë, le Valar Chasseur, découvrit les Elfes éveillés au bord du lac Cuiviénen, il leur transmit l'invitation de Manwë : venir à Valinor, la Terre Immortelle, pour demeurer dans la lumière des Valar. Certains acceptèrent. D'autres refusèrent.

Ces derniers reçurent un nom : les Avari, mot quenya signifiant « ceux qui refusent » ou « les Récalcitrants ». Ils choisirent de rester dans les terres sauvages et obscures de la Terre du Milieu, loin des lumières de Valinor, de la sagesse des Valar et des guerres qui agiteraient les Noldor. Leur histoire est celle de la branche des Elfes qui, paradoxalement, est la plus proche de l'humanité dans ses modes de vie — et la moins bien connue.

La Grande Marche et la division des Elfes

Au début du Troisième Âge d'Arda, tous les Elfes s'éveillèrent en même temps au lac Cuiviénen, une vaste étendue d'eau sous les étoiles, à l'est de la Terre du Milieu. Oromë les découvrit et rapporta leur existence à Manwë, qui décida d'inviter les Elfes à venir à Valinor pour les protéger de Morgoth et leur permettre de vivre dans la lumière des Deux Arbres.

La réponse ne fut pas unanime. Les Elfes se séparèrent en deux groupes :

  • Les Eldar — ceux qui acceptèrent de faire le voyage. Ils se divisent eux-mêmes en trois branches : les Vanyar, les Noldor, et les Teleri. C'est parmi les Eldar que l'on trouve les grandes figures de la mythologie tolkienienne : Fëanor, Finrod, Galadriel, Célebrimor.
  • Les Avari — ceux qui refusèrent. Ils formèrent un groupe hétérogène, sans unité politique, dispersé à travers la Terre du Milieu.

Pourquoi les Avari refusèrent-ils ?

Les motivations des Avari sont multiples et complexes. Tolkien n'en donne pas une explication unique, mais plusieurs facteurs ressortent de ses écrits :

  • L'attachement à la Terre du Milieu. Certains étaient profondément liés aux forêts, aux rivières et aux lieux où ils s'étaient éveillés. L'idée de quitter ces terres pour un voyage vers l'inconnu leur était insupportable.
  • La méfiance envers les Valar. Certains ne faisaient pas confiance aux puissances qui les invitaient, se demandant si Oromë lui-même n'était pas un serviteur de Morgoth déguisé. En effet, Morgoth avait sémé la terreur parmi les Elfes du Cuiviénen, enlevant certains d'entre eux pour créer les Orques, ce qui rendait tout inconnu sujet de méfiance.
  • La liberté. Les Avari ne voulaient pas être soumis à un ordre cosmique. Ils préféraient leur existence libre, sous les étoiles, sans diétés tutlaires ni haut roi.

La vie des Avari en Terre du Milieu

Contrairement aux Eldar, les Avari ne bâtirent pas de grandes cités comme Gondolin ou Menegroth. Ils vivaient en petites communautés dispersées dans les forêts et les régions sauvages, sans hiérarchie élaborée. Tolkien les décrit comme développant leurs propres langues dialectales — diverses variantes de l'Avarin, issues du proto-elfique commun mais divergentes de l'elfique des Eldar.

Les Avari ne participèrent pas aux guerres du Premier Âge comme les Elfes de Beleriand. Ils n'étaient pas concernés par le Serment de Fëanor, par la Guerre des Jâiloux, ni par la politique des royaumes Noldor. Ils survivèrent donc mieux à la submersion du Beleriand à la fin du Premier Âge.

Les Elfes Sylvains : les Avari qui rejoignirent les Eldar

L'histoire des Avari se complexifie considérablement avec les Elfes Sylvains. Parmi les Eldar, les Teleri étaient le plus grand groupe, mais de nombreux Teleri s'arrêtèrent en chemin lors de la Grande Marche. Ces arrêtés, appelés Nandor, ne dépassèrent pas les Monts Brumeux ou la rivière Anduin. Ils se mélangèrent progressivement aux Avari au fil des siècles. C'est de cette fusion que naquirent les Elfes Sylvains — ni tout à fait Eldar, ni tout à fait Avari, mais un mélange des deux cultures.

C'est pourquoi Thranduil, roi de la Forêt Noire, représente une culture distincte de celle de Galadriel ou Elrond. Ses Elfes sont des Elfes Sylvains, issus en partie de l'héritage des Avari : plus proches de la nature, moins sophistiqués (écrits de Tolkien) dans leur maîge et leur sagesse, mais aussi plus libres et moins corrompus par les ambitions des Noldor.

Les Avari dans Le Seigneur des Anneaux

Les Avari ne sont jamais désignés par ce nom dans le roman de Tolkien, mais leur héritage est partout. Les Elfes Sylvains de la Forêt Noire, les Lorinand (Lothlórien), et d'autres communautés elfiques dispersées portent l'empreinte des Avari. Legolas lui-même est fils de Thranduil, et donc issu d'une branche elfique qui gârde le souvenir de ces Elfes qui choisirent la liberté sur la lumière de Valinor.

La question philosophique des Avari

Dans la vision de Tolkien, le choix des Avari soulève une question philosophique profonde. Ceux qui refusèrent le voyage vers Valinor choisirent l'ombre et l'indépendance, mais échappèrent aussi à la Malédiction de Mandos, à la destruction de Beleriand, aux guerres dévastatrices des Noldor. En refusant la lumière, ils évitèrent aussi beaucoup de souffrance. Tolkien lui-même ne juge pas moralement les Avari — il les présente comme un choix légitime de demeurer liés à la Terre du Milieu, une sorte de sagesse alternative à la grandeur tragique des Eldar.

Regresar al blog

Deja un comentario

Ten en cuenta que los comentarios deben aprobarse antes de que se publiquen.