L'origine des Oliphants
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Les Oliphants sont de gigantesques animaux venus des terres de Harad. Les Hobbits les connaissent par des histoires et un poème enfantin, sans savoir s'ils existent réellement. Sam en aperçoit un en Ithilien, puis les mûmakil participent à la bataille des Champs du Pelennor.
Tolkien fournit peu d'informations sur leur biologie ou leur domestication. Les films et les jeux ont développé leur apparence, leurs équipements et leur taille. Le texte littéraire permet néanmoins de comprendre leur origine géographique, leur fonction militaire et leur place dans l'imaginaire de la Comté.
Oliphant ou mûmak ?
« Oliphant » est un mot du parler commun utilisé par les Hobbits, inspiré d'une forme ancienne du mot éléphant. « Mûmak » est le terme employé par les Hommes du Sud, avec le pluriel mûmakil dans les langues de Tolkien. Les deux noms désignent le même type de créature. Il ne s'agit pas de deux espèces différentes. Le choix du mot dépend du point de vue culturel.
Sam récite un court poème sur l'Oliphant. L'animal y est immense, robuste et présenté comme une chose que l'auditeur peut refuser de croire sans changer le témoignage du narrateur. Le poème montre comment un peuple isolé conserve la trace déformée d'une réalité lointaine. Pour les Hobbits, l'Oliphant appartient presque au conte. L'apparition en Ithilien transforme soudain une rime d'enfance en expérience vécue.
Les terres de Harad
Les mûmakil viennent de Harad, vaste ensemble de régions au sud de Gondor et du Mordor. Tolkien décrit peu leur habitat naturel. Ils sont associés aux armées des Haradrim qui servent Sauron pendant la Guerre de l'Anneau. Leur présence ne signifie pas que tous les peuples du Sud sont naturellement alliés au mal. Les textes évoquent des histoires de conflits, de domination númenóréenne et d'influence de Sauron. Faramir et Sam s'interrogent sur les raisons qui ont conduit des hommes ordinaires si loin de chez eux.
Frodon et Sam assistent à une embuscade des Rôdeurs de Faramir contre une colonne venue du Sud. Au milieu du combat, un mûmak apparaît. Sam le voit s'enfuir, arrachant des obstacles et semant la panique. Cette vision l'émerveille malgré le danger. Il regrette ensuite de ne pas pouvoir raconter l'histoire aux siens. Le moment réunit l'enfance et la guerre : une créature rêvée existe, mais elle est utilisée sur un champ de bataille.
Les mûmakil au combat
Les Haradrim utilisent les grands animaux comme plateformes et comme force de choc. Leur taille effraie les chevaux, et les soldats peuvent se regrouper autour d'eux. Sur les Champs du Pelennor, ils forment des points de résistance difficiles à attaquer. Les Rohirrim ne peuvent pas simplement les charger. Éomer rallie ses hommes et adapte sa tactique. Après l'arrivée d'Aragorn et des renforts du Sud de Gondor, les forces de Sauron sont finalement détruites.
Tolkien les décrit comme plus grands que les éléphants connus des Hobbits et emploie des images d'immensité. Il ne donne pas de mesure précise. Toute hauteur chiffrée appartient donc à une adaptation, un guide secondaire ou une extrapolation. Les illustrations varient entre un éléphant légèrement agrandi et une créature presque monstrueuse. La fonction du texte est surtout de transmettre le regard émerveillé de Sam et la terreur des combattants.
Aucune source ne dit que les Oliphants ont été créés par Morgoth ou Sauron. Ils semblent être des animaux naturels d'Arda, domestiqués et employés par les peuples du Sud. Leur usage militaire ne rend pas leur nature mauvaise. Cette distinction correspond à la pensée générale de Tolkien. Sauron produit peu de choses véritablement nouvelles. Il détourne, asservit et organise des êtres existants au service de sa domination.
Les films de Peter Jackson
Les films nomment généralement ces créatures mûmakil et les représentent avec plusieurs paires de défenses, une taille gigantesque et de vastes structures de combat sur le dos. La bataille du Pelennor leur donne un rôle spectaculaire. Legolas détruit à lui seul un mûmak dans une scène inventée. Le film accentue aussi l'échelle et les acrobaties. Ces choix créent une menace visuelle immédiatement identifiable, mais ne doivent pas être pris comme des détails zoologiques écrits par Tolkien.
Contrairement aux dragons ou aux créatures de l'Ombre, l'Oliphant n'est pas un monstre moral. Sam le regarde avec admiration, même lorsqu'il traverse une bataille. Il reconnaît un fragment de monde plus vaste que la Comté. Cette curiosité est essentielle au voyage. Les Hobbits partent pour sauver leur foyer, mais découvrent aussi que leurs chansons et leurs histoires contiennent des vérités lointaines. L'Oliphant devient ainsi une preuve que le merveilleux peut survivre au milieu de la guerre sans appartenir à l'ennemi.
Ce que Tolkien laisse inconnu
Nous ne connaissons ni leur durée de vie, ni leur organisation sauvage, ni les méthodes exactes de dressage. Aucun Oliphant individuel n'est nommé. Le terme désigne une population animale, non un personnage. Respecter ces silences évite de transformer des inventions modernes en canon. Le peu que Tolkien révèle suffit à donner de la profondeur au Sud et à rappeler que les cartes du récit ne décrivent qu'une partie des êtres d'Arda.
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Sources et lectures de référence
Textes de J.R.R. Tolkien et ouvrages de référence
- J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, « La Porte Noire est fermée ».
- J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, « Des herbes et du lapin à l'étuvée ».
- J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, « La bataille des Champs du Pelennor ».
- J.R.R. Tolkien, Les Aventures de Tom Bombadil, poème « Oliphant ».