L'histoire de la tour d'Orthanc
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Orthanc est la tour noire qui se dresse au centre d'Isengard, à l'extrémité sud des Montagnes de Brume. Elle fut construite par les Dúnedain du Gondor, longtemps avant l'arrivée de Saruman. Forteresse presque indestructible, observatoire et dépôt d'un palantír, elle devint ensuite le centre du pouvoir de l'Istar, puis sa prison après la destruction d'Isengard par les Ents.
Orthanc et Isengard ne désignent pas la même chose
Isengard, ou Angrenost en sindarin, est l'ensemble de la place forte située dans la vallée de l'Isen. Elle comprend un grand mur circulaire, une porte et la tour centrale d'Orthanc. Dans les films, le nom d'Isengard est souvent associé immédiatement à Saruman, mais le site appartient d'abord à l'histoire du Gondor.
Les Gondoriens bâtissent la tour dans les premiers temps du royaume, avec un savoir hérité de Númenor. Tolkien ne décrit pas une construction bloc par bloc : Orthanc semble formée de quatre piliers de roche noire, unis et durcis par un art que les hommes du Troisième Âge ne savent plus reproduire.
Son sommet se divise en quatre pointes acérées autour d'une plateforme. Un escalier conduit à une porte située au-dessus du sol. Même les Ents, capables d'abattre les murailles d'Isengard, ne parviennent pas à endommager sérieusement la tour.
Que signifie le nom Orthanc ?
Tolkien joue sur deux langues. En sindarin, le nom est associé à l'idée de « mont du croc » ou de hauteur fourchue. En vieil anglais, qui représente la langue du Rohan, orthanc évoque un esprit habile, un artifice ou une œuvre ingénieuse. La tour porte donc un nom adapté à sa forme comme à son futur occupant.
Orthanc garde d'abord la frontière occidentale du Gondor. Lorsque Cirion donne le Calenardhon aux Éothéod, la forteresse n'est pas comprise dans le don et reste sous autorité gondorienne. Avec le temps, la garnison diminue et Isengard devient vulnérable. Des Dunlandais s'y installent au cours du Troisième Âge et utilisent la place contre le Rohan. Après le Long Hiver et la défaite de Wulf, ils en sont chassés. L'Intendant Beren remet alors les clefs d'Orthanc à Saruman en 2759, avec l'accord du roi Fréaláf.
Pourquoi Saruman reçoit-il Orthanc ?
À cette époque, Saruman est encore considéré comme un allié puissant et le chef du Conseil Blanc. Son installation semble renforcer la défense du Rohan et du Gondor contre les menaces venues des Montagnes de Brume. Il occupe d'abord Isengard comme gardien au service de l'Intendant. En 2953, il revendique ouvertement la place pour lui-même, fortifie le cercle et développe une puissance indépendante. Les jardins et les arbres disparaissent progressivement, remplacés par des ateliers, des puits, des forges et des logements militaires.
La tour conserve l'une des sept Pierres de vision apportées par Elendil et ses fils. Saruman utilise le palantír pour rechercher l'Anneau et observer ses adversaires. Il entre ainsi en contact avec Sauron, qui possède la Pierre d'Ithil. Sauron ne contrôle pas mécaniquement tout ce que voit Saruman, mais il exploite sa fierté et lui montre une puissance écrasante. Saruman devient à la fois rival et imitateur du Seigneur des Ténèbres. Sa volonté de dominer le palantír contribue à son propre asservissement.
En juillet 3018, Gandalf vient demander conseil à Saruman. Celui-ci révèle sa trahison et tente de le rallier. Après son refus, Gandalf est enfermé au sommet d'Orthanc. Il s'échappe grâce à Gwaihir, alerté indirectement par Radagast. La scène résume la double nature de la tour : elle protège son occupant, mais peut aussi l'enfermer. Saruman croit posséder une forteresse parfaite. Quelques mois plus tard, Orthanc devient précisément le lieu dont il ne peut plus sortir.
La destruction d'Isengard
Après la bataille du Gouffre de Helm, les Ents et les Huorns attaquent Isengard. Ils brisent les portes, démolissent le mur et détournent l'Isen pour inonder les galeries souterraines. Orthanc résiste, tandis que Saruman et Gríma restent enfermés à l'intérieur. Lors de l'entrevue qui suit, Saruman tente encore de séduire ses visiteurs par sa voix. Gandalf brise son bâton et le chasse de l'ordre. Gríma lance alors depuis une fenêtre le palantír, qui manque sa cible et est récupéré par Pippin.
Barbebois garde Saruman prisonnier, mais finit par le laisser partir. Après la Guerre de l'Anneau, il remet les clefs au roi Elessar. Les Ents nettoient la vallée, qui reçoit le nom de Jardin d'Orthanc. La tour et la Pierre d'Orthanc reviennent ainsi à l'autorité du Royaume Réunifié. Aragorn peut utiliser le palantír de plein droit, contrairement à Saruman qui avait tenté d'en faire l'instrument de ses ambitions personnelles.
Ce qu'il faut retenir
Orthanc n'est pas une création de Saruman, mais un monument dúnadan qu'il détourne. Son histoire oppose deux usages du savoir : garder et observer au service d'un royaume, ou surveiller et transformer le monde pour le dominer.
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Sources et lectures de référence
Textes de J.R.R. Tolkien et ouvrages de référence
- J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, livre III, chapitres 8 à 11.
- J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, Appendices A et B.
- J.R.R. Tolkien, Contes et légendes inachevés, « Les Palantíri ».